Dossier d’œuvre architecture IA22133458 | Réalisé par
Goyet Thierry (Rédacteur)
Goyet Thierry

Chargé d'études à l'Inventaire. Historien : études à l'Université Rennes 2 (1988-1996), directeurs de recherche : Alain Croix et Jean-Yves Veillard.

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  • enquête thématique régionale, Inventaire du patrimoine des lycées de Bretagne
Lycée professionnel La Closerie, rue Pierre Loti (Saint-Quay-Portrieux)
Œuvre étudiée

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bretagne
  • Commune Saint-Quay-Portrieux
  • Adresse rue Pierre Loti
  • Dénominations
    lycée

Le lycée professionnel La Closerie est entièrement reconstruit en 1986-1987, au moment où la Région devient responsable de la construction et de l'entretien des lycées.

Les maîtres d'ouvrage s'inscrivent alors dans une démarche "d'opération exemplaire de qualité architecturale".

A l'issue d'un concours qui a marqué l'histoire de l'architecture en Bretagne, l'architecte Yves Lion est choisi pour concevoir cet établissement, dont l'intégration au site est particulièrement soignée. Il obtient pour cette réalisation le prix "Architectures Publiques" en 1986.

Histoire de l'enseignement professionnel sur le site de la Closerie.

Un centre d'apprentissage féminin, issu du "centre de jeunesse" créé en 1942 à Saint-Quay-Portrieux, ouvre sur le site de La Closerie, en 1947, sur une propriété de 18 000 M2. L’État l'acquiert, en 1952. L'établissement, devenu Lycée d'Enseignement Professionnel, accueille, au début des années 1980, 288 élèves, dont 215 internes. Ils suivent trois types de formations : métiers du tertiaire, industrie de l'habillement et employés techniques de collectivités. Ils sont accueillis dans une ancienne maison d'habitation de 400 m2, des bâtiments démontables, un centre de vacances et un ancien hôtel.

En 1982, quatre années avant de devenir compétente sur les lycées, des représentants de l'administration régionale visitent le site, constatent la vétusté des installations et souhaitent, au vu du panorama exceptionnel sur la baie de Saint-Brieuc, une construction nouvelle de grande qualité architecturale. Dans le même temps, il est décidé, en accord avec les instances de l'enseignement professionnel, de porter les effectifs à 504 élèves, d'abandonner les formations à faibles débouchés et d'élargir l'offre à des bacs professionnels, ainsi qu'à des spécialités nouvelles, dont l'hôtellerie – transférée du lycée Jean Moulin de Saint-Brieuc, la conchyliculture, et les CAP horticulture et fleuriste. Ces choix permettent d'éviter la fermeture de l'établissement.

Genèse d'un projet architectural de grande qualité.

Les différents protagonistes décident de s'inscrire une démarche "d'opération exemplaire de qualité architecturale" dans le cadre du programme "Architectures Publiques" lancé en 1984, à la demande du Président de la République, afin de généraliser la qualité architecturale et à stimuler la création contemporaine dans toutes les constructions financées par l'État.

La conduite du projet de Saint-Quay-Portrieux, dont le coût d'objectif est de 40 millions de francs, est singulière, en raison du contexte lié à la décentralisation mais peut-être aussi par souci d'exemplarité. L’État assume dans un premier temps la maîtrise d'ouvrage. Il délègue la conduite de l'opération à la DDE des Côtes-du-Nord. Cependant le programme prévoit que : "Le rôle de l’État se limitera à la mission études jusqu'au stade de l'Avant-Projet Sommaire [APS], la loi de décentralisation ayant prévu le transfert de compétence pour la construction des lycées aux Régions". Utilisateurs et usagers ("Inspecteur d'Académie, Inspecteur de l'Enseignement Technique, Chef d'Etablissement, Enseignants, Parents d'Elèves, Elus, Représentants des chambres consulaires, Architecte du CAUE, Architecte Conseil de la DDE" ) sont associés aux études au sein d'un groupe projet, jusqu'à l'aboutissement de l'APS.

Un concours d'architecture qui a marqué la profession en Bretagne

En 1984, un concours d'architecture est organisé en plusieurs étapes, avec l'appui, entre autres, du Conseil en Architecture Urbanisme et Environnement (CAUE), association instituée par la loi sur l'architecture de 1977. Quatre-vingt-dix-neuf équipes répondent à l'appel à candidature publié le 19 mars 1984. Le 18 juillet 1984, le jury en sélectionne cinq, appelées à concourir sur esquisses :

- l'atelier Lion (Paris) ;

- l'atelier Dolle - Henry (Paris) ;

- le groupement Atelier 6 (Saint-Brieuc) composé de Debulois, Guervilly, Dunet, Perruez et Cras

- le groupement Regembal - Constantini (Paris) avec Rohner - Delvaux (Lannion)

- le groupement Velly (Saint-Brieuc), avec Halet, Le Couédic, Bray et Villette (Brest)

Parmi elles, l'architecte Yves Lion (né en 1945) est choisi par le jury réuni, le 31 août 1984, par 13 voix sur 14 (la voix manquante s'est porté sur l'Atelier 6*).

Le jury a été séduit par : "La simplicité et l'élégance du projet dans son site, la volonté d'une démarche souple et ouverte au dialogue (...) un parti architectural fort et bien soutenu."

Plusieurs des concurrents bretons ont exprimé, par la suite, combien ce concours avait renouvelé l’architecture bretonne.

Ainsi David Cras, par exemple, dans une interview donnée au magasine Place Publique (n° 149, novembre-décembre 2012) :

"Les Côtes-d'Armor ont sans doute été le foyer de ce renouvellement. Je me souviens, au milieu des années 1980, du concours pour le lycée professionnel hôtelier de Saint-Quay-Portrieux sur lequel j'avais dessiné pour Jean Guervilly. Velly avait aussi concouru, tout comme Daniel Le Couédic avec des architectes associés. Yves Lion a gagné et nous a montré à cette occasion comment on pouvait poser des volumes simples, sans ornement excessif, granit et béton blanc, fragmentés dans la colline, s'accrochant au sol, regardant la mer sans briser la qualité du site... Une révélation."

Yves Lion dessine les plans de l'avant-projet détaillé, en janvier 1986. Le permis de construire, déposé le 20 février, est accordé le 20 mai de la même année.

Le lycée reconstruit, pour lequel Yves Lion reçoit le prix "Architectures Publiques", en 1986, ouvre en 1987.

Aujourd'hui, l'établissement prend le nom de "Lycée hôtelier La Closerie. Lycée des métiers de la restauration et de l'alimentation (Boulanger, Pâtissier, Crémier-Fromager)." Il accueille 320 élèves et propose des formations du CAP au BTS.

Un lycée implanté dans un site remarquable

Le lycée professionnel La Closerie est situé au nord-ouest de la commune, sur une parcelle de plus de trois hectares, bordée de parcelles beaucoup plus petites et d'éléments de bocage. Ce site, en surplomb de la baie de Saint-Brieuc sur laquelle il offre un panorama remarquable, comporte une forte déclivité du nord-ouest vers le sud-est.

La grande réussite de l'intégration au site d'une architecture "forte"

L'insertion, dans un espace aussi qualitatif, d'un établissement scolaire en rupture avec le tissu urbain pavillonnaire et le bocage, a conduit l'architecte Yves Lion à développer un bâtiment principal de faible hauteur, proposant une façade à l'alignement de la rue Pierre Loti, de dimension limitée (moins de 25 m). Le bâtiment principal, en quelque sorte "posé" sur la pente, est ainsi très long (150 m environ) et organisé le de part et d'autre de deux niveaux de circulation. Le niveau supérieur, partiellement en mezzanine, ouvre au-dessus du hall d'entrée. L'ensemble des fonctions est organisé autour du CDI central. Ce bâtiment principal héberge un logement, l’administration, les salles de classe, les ateliers et le restaurant d'application. Ce dernier offre un belvédère au-dessus de l'océan.

La linéarité de la façade est rompue par la rotonde du CDI et par des jeux de volumes. La partie du bâtiment qui accueille les salles de classe comporte ainsi un 3e niveau. Toutes les façades dont la hauteur dépasse un niveau et demi au-dessus de la partie basse du bâtiment (à l'est) sont parées de grandes plaques de granite gris clair, rappelant celui de la côte voisine.

Autre élément important de l'intégration paysagère, les toitures sont en terrasse et végétalisées.

La structure du bâtiment est composée de poteaux, poutres et planchers en béton.

Les autres bâtiments abritant les fonctions internat, infirmerie, logements sont construits en lisière nord-ouest de la parcelle, au plus près de grands chênes. Très discrets, par leur implantation comme par leur volume, Ils prennent la forme pavillonnaire de petits collectifs, de deux ou trois niveaux. Le gymnase, construit par la communauté de commune, occupe la "corne" nord-ouest de la parcelle, à proximité de logements de fonction. Il est accessible aux usagers extérieurs par la rue des Chênes.

  • Murs
    • béton
  • Couvrements
  • Couvertures
    • terrasse
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
  • Statut de la propriété
    propriété de la région, Code : 0220064A

Documents d'archives

  • Région Bretagne (Service des archives) : 85 W 38. Lycée La Closerie. Construction : consultation des concepteurs, jury de concours avant-projet détaillé, 1984-1986

    Région Bretagne (Service des archives) : 85 W 38
  • Région Bretagne (Service des archives) : 130 W 296. Lycée La Closerie. Construction, (...) marché, (...) convention avec le maître d’œuvre (...)

    Région Bretagne (Service des archives) : 130 W 296
  • Région Bretagne (Service des archives) : 209 W 95. LEP La Closerie. Perspectives.

    Région Bretagne (Service des archives) : 209 W 95
  • Région Bretagne (Service des archives) : 951 W 493. Lycée La Closerie. Plans DCE

    Région Bretagne (Service des archives) : 951 W 493
  • Région Bretagne (Service des archives) : 1923 W 860. LEP La Closerie. Construction : permis de construire.

    Région Bretagne (Service des archives) : 1923 W 860

Bibliographie

  • BRANCHEREAU, Jean-Pierre, CROIX, Alain, GUYVARC'H, Didier, PANFILI, Didier. Dictionnaire des lycées publics de Bretagne. Geriadur liseoù publik Breizh. Histoire, culture, patrimoine, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012, 656 p.

  • BONNET, Philippe, LE COUÉDIC, Daniel. Architectures en Bretagne au XXe siècle. Quimper : éditions Palantines, 2012. 396 p. ISBD 978-2-35678-070-6.

    Archives municipales de Saint-Brieuc : 2T27
Date(s) d'enquête : 2019; Date(s) de rédaction : 2019
(c) Région Bretagne
Goyet Thierry
Goyet Thierry

Chargé d'études à l'Inventaire. Historien : études à l'Université Rennes 2 (1988-1996), directeurs de recherche : Alain Croix et Jean-Yves Veillard.

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