Bonaban fut le siège d'une seigneurie importante fondée par les Bonabes de Rougé au 13e siècle, qui passa par héritage à la maison de Maure vers 1270. Simple baronnie s'étendant sur quinze paroisses, la seigneurie érigée en comté en 1553 avait droit de haute, moyenne et basse justice ; elle rendait aveu au marquisat de Châteauneuf. Elle appartint aux Guiny de la Garoulaye (1560), Pépin du Bignon (1664), Courtavel, de Pèze et De Vassé.
À cette époque, le premier château possédait un corps de bâtiment de 72 pieds de longueur avec une autre construction à l'ouest et un pavillon à l'est, flanqué de deux tourelles aux angles nord-est et sud-est. Au nord s'étendait une cour haute et une cour basse, réunies par un perron de 13 marches ; la cour basse avait un portail et deux pavillons avec un pont-levis. Le manoir était entouré de douves. A côté se trouvait un colombier (1665), et à ses pieds s'étendaient de beaux étangs.
Le comté devenu châtellenie en 1667, passa à Guillaume Le Fer de la Saudre (1754) qui fit construire le château actuel en 1776 sur les ruines du précédent. Sous la Révolution, le château fut réquisitionné et les troupes y commirent des dégradations : les superbes tapisseries des Gobelins et d'Aubusson d'après des cartons de Lebrun servirent de couvertures, le mobilier fut dispersé, les objets métalliques réquisitionnés et la grande salle transformée en séchoir à tabac.
Propriété de la famille Level, le château, vendu en 1842 au comte de Kergariou, sera occupé par les anciens combattants français pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1954, le château est acheté par la compagnie Saint-Gobain pour qu'y soit installé un centre de colonie de vacances. Racheté en 1995, le château est transformé en hôtel-restaurant, activité qui se poursuit jusqu'en 2013.
Le domaine reste alors à l'abandon pendant une dizaine d'années, avant d'être acquis en 2024 avant d'être acquis en 2024 par de nouveaux propriétaires qui engagent une importante campagne de restauration du château et de ses 25 hectares de jardins. Le projet, dont l'ouverture au public est prévue pour 2027, associe la découverte patrimoniale du site, château, jardins, colombier de 1665 et ensemble de trois serres de la fin du XIXe siècle, à la présentation de la collection privée d'art contemporain des propriétaires.
Photographe à l'Inventaire