Le lycée polyvalent Jean Macé de Lanester ouvre, en 1994, sur un site où était précédemment implanté un Collège d'Enseignement Technique (CET) devenu lycée professionnel, dont il reste un seul bâtiment et des témoignages graphiques.
En 1964, est créé, à Lanester, un CET, dans un contexte de développement de l'enseignement professionnel secondaire, d'une part, et d'achèvement de la reconstruction, d'autre part. L'établissement s'installe provisoirement dans des baraques, au nord du groupe scolaire Paul Langevin, sur une parcelle auparavant réservée pour l'extension de cette école et la création d'un cours complémentaire, témoignage de l'importance du développement des équipements d'enseignement pour la municipalité. Les premiers échanges avec l'inspecteur d'académie pour demander la création d'un centre d'apprentissage masculin datent d'ailleurs de 1958.
Ville largement détruite par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, Lanester est alors en pleine croissance démographique.
Le maire de la commune, Jean Maurice, propose l'architecte lorientais M. Ouvré pour la construction du CET. L'Etat, maître d'ouvrage, lui préfère le vannetais Yves Guillou (1915-2004). C'est, depuis la fin des années 1950, le concepteur de plusieurs CET industrialisés, dotés de structures poteaux poutres planchers en béton armé. Il les construit en collaboration avec une entreprise générale de bâtiment lorientaise, l'Entreprise du Centre. Cependant, à Lanester, il doit travailler avec l'entreprise parisienne Fillod, spécialisée dans les bâtiments à armature métalliques. Le coût de construction du CET de Lanester s'élève à 3,7 millions de francs. Cet établissement répond au besoin d'un programme pédagogique prévoyant 648 élèves. Le programme technique comporte en outre un gymnase de type B.
Le 2 février 1966, le Conseil municipal délibère en faveur du nom de Jean Macé et baptise les rues alentour Jean Zay* et Léo Lagrange, pour marquer son orientation politique en faveur de la laïcité.
Le choix de la construction métallique et de l'entreprise Fillod, dont on ne se sait s'il résulte d'une volonté ministérielle en faveur de ce mode constructif, ou d'un souhait de la municipalité, est lourd de conséquence. Très vite, les bâtiments, remis à la ville en janvier 1969, rencontrent des problèmes d'étanchéité (qui perdurent en 1983) et de stores. Dans les années 1980, ils sont déjà fort dégradés, si bien que lors de la restructuration de cet établissement en lycée polyvalent, un seul des bâtiments de 1967 – les ateliers – a pu être conservé. Deux autres, la restauration scolaire et l'externat, initialement prévus pour être restructurés, durent en effet être détruits car leur structure est trop dégradée.
Peu avant l'ouverture du lycée polyvalent, un atelier "matériaux composites" est construit selon les plans de l'architecte Maurice Grieu (1948-2017). Il est inauguré, en 1993, en même temps qu'est posée la première pierre du futur lycée polyvalent. Il sera restructuré, en 2004, par l'agence Chouzenoux (créée en 1979).
Parallèlement les ateliers d'origine sont restructurés pour tenir compte de l'évolution des formations (Claude Bensimon (né en 1941), architecte) et agrandis d'une salle de réunion, d'une salle des professeurs ainsi que d'un couloir de liaison avec l'atelier matériaux composites. Ils seront de nouveau restructurés par la suite.
* Cette rue a disparu lors de la restructuration agrandissement du lycée au début des années 1990, mais le nom de Jean Zay a été donné à une salle de sport implanté en périphérie du lycée.
Chargé d'études à l'Inventaire. Historien : études à l'Université Rennes 2 (1988-1996), directeurs de recherche : Alain Croix et Jean-Yves Veillard.